Meilleur employeur au pays
10 février 2026
L’Université Laval s’est hissée en janvier au premier rang du classement Forbes 2026 des meilleurs employeurs au Canada, tous secteurs confondus. L’institution de Québec se distingue devant des organisations comme Google, Microsoft, Hydro-Québec, Desjardins, Open Text, Shopify, Statistique Canada, Industrielle Alliance, Cisco Systems, la Banque Royale du Canada et la Banque Nationale du Canada, IBM, Costco, Samsung ou Adidas.
Stéphane Desjardins
Le palmarès de Forbes est publié depuis 11 ans à partir de sondages menés auprès de 37 000 personnes travaillant pour des organisations comptant 500 employés ou plus. Cet accomplissement réjouit la rectrice, Sophie D’Amours, et le vice-recteur aux ressources humaines et aux finances, André Darveau. Mais il ne les surprend pas. On leur a demandé pourquoi : « nos employés partagent un très fort sentiment d’appartenance. Ils sont fiers de travailler pour l’Université Laval. Ils adhèrent à nos valeurs, à la mission universitaire », commente Sophie D’Amours.
« Ce ne sont pas tous les employeurs qui ont l’audace d’être surpris par leur personnel. On donne beaucoup de latitude à nos employés. »
Ce genre de discours est tenu par nombre de dirigeants. Mais à Laval, il fait partie de l’ADN. La culture de bienveillance y est solidement ancrée. La rectrice est bien consciente que, comme service public, elle n’a pas les moyens de rémunérer aussi généreusement qu’au privé. Offrir de bonnes conditions de travail, un régime de retraite et de l’assurance collective de qualité, soutenir les initiatives des employés, les inviter à participer aux décisions, célébrer leurs bons coups jouent donc un rôle fondamental. « Nous voulons avoir un impact dans la société, soutient André Darveau. On le voit avec les projets proposés par notre personnel, qui suscitent énormément d’enthousiasme au sein de la communauté universitaire. »
Culture collaborative
La rectrice explique que l’institution expérimente depuis des années des modes de travail collaboratif. « Ce ne sont pas tous les employeurs qui ont l’audace d’être surpris par leur personnel, reprend Sophie D’Amours. On nous soumet des projets qu’on ne verrait jamais si nous avions adopté une approche de gestion top-down. On donne beaucoup de latitude à nos employés. » Au fil des ans, l’université a débordé du cadre de la négociation collective avec ses 15 syndicats en instaurant des politiques de formation professionnelle, de bien-être au travail et de saines habitudes de vie.
La collaboration, la bienveillance et la considération sont au cœur de la culture organisationnelle. Les gestionnaires multiplient conférences et formations. Il y a une décennie, ils ont instauré un programme de soutien en santé mentale faisant appel à des intervenants de proximité, dans chaque pavillon. « Cette initiative a eu de profonds impacts positifs à travers le campus, souligne la rectrice. Nos intervenants accompagnent tant le personnel que les étudiants, ils sont attentifs aux signaux de détresse et accompagnent vers les services disponibles. » Elle ajoute que l’Université Laval est privilégiée, avec un campus magnifique. « Nous disposons d’installations sportives et culturelles de classe mondiale. Nos gens sont heureux au travail. Ils sont motivés et performants », éclaire-t-elle.
« Chaque jour, je vois la fierté dans les yeux des jeunes femmes, étudiantes et professeures »
Une première rectrice
En 2017, Sophie D’Amours a été la première femme nommée à la tête de l’Université Laval. Il a fallu 160 ans pour briser ce plafond de verre. Si elle se dit fière de cette reconnaissance, Sophie D’Amours soutient l’importance de multiplier les modèles féminins aux postes de pouvoir. « Chaque jour, je vois la fierté dans les yeux des jeunes femmes, étudiantes et professeures. On m’arrête dans la rue pour me féliciter. J’en vois l’impact dans la communauté. On compte désormais davantage de femmes comme directrices de départements ou doyennes. »
Sophie D’Amours est ingénieure en mécanique, titulaire d’une maîtrise en administration des affaires de Laval et d’un doctorat en mathématiques de Polytechnique Montréal. Elle a enseigné et mené des travaux de recherche en génie, notamment dans le secteur forestier, et elle a été vice-rectrice à la recherche et à la création avant d’être rectrice.
« Les plafonds de verre se brisent aussi par des hommes, qui soutiennent, appuient, challengent les femmes à se démarquer, dit-elle. J’ai été nommée par des hommes. Ils participent à déconstruire les biais auprès de leurs collègues et deviennent ainsi les ambassadeurs des femmes. Je me réjouis d’avoir été portée à ce poste par une communauté ouverte à la diversité et à l’innovation. »